Le S&P 500 refuse SpaceX et bloque aussi l'entrée d'OpenAI et d'Anthropic

Le S&P 500 est l'indice boursier le plus suivi au monde, regroupant les 500 plus grandes entreprises américaines. Selon Ars Technica, le comité de gestion de l'indice a rejeté la demande d'inclusion accélérée de SpaceX et indiqué qu'il ne suspendrait pas ses règles existantes pour les sociétés d'intelligence artificielle déficitaires. La décision touche SpaceX à court terme, mais repousse aussi l'entrée potentielle dans l'indice de grands acteurs de l'IA comme OpenAI et Anthropic.
Ars Technica explique que le comité S&P Dow Jones Indices applique des critères précis pour l'inclusion: capitalisation boursière suffisante, liquidité raisonnable et bénéfices nets sur les quatre derniers trimestres. SpaceX remplit aisément les deux premiers critères mais échoue sur celui de rentabilité; malgré les revenus des lancements et de l'internet par satellite Starlink, l'entreprise n'affiche pas encore de profits en raison d'investissements massifs. Le comité a indiqué que l'exigence de profit n'était "pas en discussion".
La portée symbolique de la décision est importante. SpaceX est l'une des rares entreprises restées privées tout en atteignant la taille d'un géant coté. Sa valorisation est estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars, mais comme elle n'est pas cotée, ce chiffre repose uniquement sur la valorisation des marchés privés. Ars Technica écrit que la direction du S&P 500 a été guidée par l'inquiétude qu'une exception pour SpaceX ouvrirait la même voie à d'autres grandes entreprises privées à l'avenir.
L'importance de la décision pour les entreprises d'IA est immédiatement visible. OpenAI et Anthropic comptent parmi les entreprises à la croissance la plus rapide au monde ces deux dernières années; leurs revenus se mesurent en milliards de dollars, mais aucune n'a atteint la rentabilité. Selon les sources d'Ars Technica, l'entrée dans l'indice pour ces sociétés signifierait un accès automatique à leurs actions par les fonds d'investissement traditionnels et les fonds de pension. La décision du S&P 500 repousse cet accès automatique d'au moins quelques années.
D'autres familles d'indices pourraient combler le vide laissé par cette décision. Ars Technica rappelle que les fournisseurs d'indices alternatifs comme MSCI et FTSE Russell fixent leurs critères d'inclusion différemment. Certains indices thématiques pourraient inclure SpaceX, OpenAI ou Anthropic sans appliquer de condition de rentabilité. Toutefois, l'échelle et le poids historique du S&P 500 sont difficiles à remplacer pour tout autre indice.
Le débat sur l'inclusion des entreprises d'IA est comparé à l'ère des dot-com. Ars Technica écrit que les pertes importantes qui ont suivi l'inclusion de Yahoo et d'autres sociétés internet non rentables dans les années 1999-2000 sont encore dans la mémoire institutionnelle du comité S&P. Les décisions prises à l'époque sont restées comme à l'origine de pertes significatives pour les investisseurs des fonds indiciels passifs. Le comité agit avec davantage de prudence pour ne pas répéter un scénario similaire.
La direction de SpaceX, de son côté, maintient le message qu'il n'y a "pas de plan d'introduction en bourse à court terme". Les déclarations récentes de la présidente de l'entreprise, Gwynne Shotwell, suggèrent qu'une introduction ne pourrait être envisagée qu'après l'arrivée du Starship sur Mars. Cela signifie que les marchés financiers traditionnels devront suivre SpaceX par des structures hors S&P 500 à court terme.
Les plans d'introduction d'OpenAI sont moins clairs. Selon Ars Technica, la restructuration récente de la société n'exclut pas techniquement une cotation en bourse, mais la direction n'a pas encore annoncé de feuille de route claire. Anthropic a indiqué lors de discussions à huis clos avec les investisseurs qu'elle "préfère rester hors des marchés publics à moyen terme". Aucune des deux entreprises ne souffre de pénurie de trésorerie grâce aux tours d'investissement venus des grands acteurs technologiques.
La signification pratique de la décision pour les investisseurs est que la porte d'entrée aux acteurs majeurs du marché de l'IA reste fermée pour les fonds indiciels passifs. Ars Technica écrit que cette situation donne aux fonds gérés activement une raison plus forte d'investir dans le secteur de l'IA. Les écarts de rendement ajustés au risque pourraient devenir une part importante de la stratégie d'investissement pour ces positions à l'avenir.
Le message plus large, tel que le formule Ars Technica, est que le S&P 500 ne relâche pas ses règles et que les futures catégories économiques ne se généralisent pas automatiquement sur le marché par l'inclusion dans l'indice. SpaceX, OpenAI et Anthropic, malgré une dynamique de croissance rapide, font face à un paysage financier où des règles plus prudentes sont préservées. L'étape suivante dépendra de la capacité de ces entreprises de l'IA et de l'espace à commencer à dégager des bénéfices.
À lire ensuite

Des microbes anciens congelés avec Ötzi continuent de croître, selon une étude
Ars Technica rend compte d'une nouvelle étude montrant que certaines souches anciennes de bactéries et de levures présentes sur la momie d'Ötzi, un homme retrouvé dans les Alpes il y a 5 300 ans, sont toujours vivantes et croissent. Le résultat ouvre une nouvelle voie pour la recherche sur les microbiomes anciens.

La NASA portera des "sous-vêtements" Prada high-tech sur la Lune
The Verge rapporte que la nouvelle combinaison lunaire Artemis de la NASA, développée avec Axiom Space, utilisera une sous-couche conçue par la maison Prada. Le tissu haute technologie vise à améliorer la régulation thermique et la liberté de mouvement sur la Lune.

Les pires piratages et fuites de données de 2026 cartographiés par TechCrunch
TechCrunch a recensé les plus grandes fuites de données et cyberattaques du premier semestre 2026. Assureurs, distributeurs et administrations figurent parmi les secteurs les plus touchés.

L'administration Trump envisage de prendre une participation dans OpenAI
TechCrunch rapporte que l'administration Trump envisage de prendre une participation gouvernementale dans la société d'intelligence artificielle OpenAI. Une telle mesure soulèverait des questions politiques et juridiques sur la relation des États-Unis avec les grandes entreprises technologiques.

Le Congrès n'arrive toujours pas à trancher sur la surveillance sans mandat de la section 702
Un vote du Sénat sur un paquet de réforme de la section 702 a échoué. Selon The Verge, un amendement déposé par le sénateur républicain Bill Pulte qui aurait imposé un mandat a été rejeté 47-51. L'autorité de surveillance expire en décembre.
