En Angleterre, une naissance sur quatre se termine en césarienne d'urgence, selon la BBC

Environ une naissance sur quatre en Angleterre se termine désormais par une césarienne d'urgence, selon une analyse de la BBC portant sur les données du NHS. Le diffuseur rapporte que ce taux est passé d'environ 15 % en 2014-15 à environ 24 % en 2024-25, soit une hausse d'environ un tiers.
Les césariennes d'urgence sont décidées après le début du travail et diffèrent des opérations programmées. La classification du NHS distingue quatre niveaux : de la catégorie 1, où la vie de la mère ou du bébé est en danger immédiat, à la catégorie 4, où l'opération est urgente sans engager le pronostic vital.
La professeure Ranee Thakar, présidente du Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG), a déclaré à la BBC que la hausse avait "plusieurs causes". Un âge maternel plus avancé, un indice de masse corporelle moyen plus élevé et une part croissante de pathologies préexistantes en font partie.
La pression sur les effectifs est un autre facteur cité par les cliniciens. Les dernières données du NHS England font état d'environ 2 500 postes de sage-femme vacants. Le personnel indique que les gardes sous-dotées entraînent des décisions chirurgicales plus tardives.
Gill Walton, directrice du Royal College of Midwives, a confié à la BBC : "S'il n'y a pas de sage-femme en salle de travail, la surveillance est retardée. Une surveillance retardée entraîne une escalade retardée et, in fine, des césariennes de catégorie 1." Elle ajoute que le plan de personnel du NHS est en retard sur ses recrutements promis sur dix ans.
Sur le plan clinique, les césariennes d'urgence présentent davantage de risques que les opérations programmées. Les taux d'hémorragies supplémentaires, d'infections et de placenta accreta lors de grossesses ultérieures sont plus élevés. Les symptômes de stress post-traumatique maternel et les détresses respiratoires néonatales sont aussi plus fréquents.
Cette hausse s'accompagne d'une augmentation des césariennes programmées. Le taux global de césariennes est passé de 26 % à 42 % en dix ans ; selon la BBC, plus de quatre naissances sur dix impliquent désormais une intervention. L'OMS estimait en 2015 qu'un taux de 10 à 15 % était raisonnable, tout en précisant qu'"un taux n'est pas un objectif en soi".
Les experts rappellent qu'un taux élevé n'est pas nécessairement mauvais. Les césariennes ont contribué à faire baisser la mortinatalité et à mieux gérer les grossesses à risque. Mais la professeure Thakar insiste : réduire les opérations d'urgence qui ne sont pas cliniquement nécessaires est une priorité pour les mères comme pour le budget du NHS.
Le régulateur, la Care Quality Commission (CQC), a indiqué dans son dernier rapport qu'environ la moitié des maternités anglaises devaient s'améliorer et qu'une sur huit était jugée "insuffisante". Le ministre de la Santé Wes Streeting a déclaré travailler sur un nouveau plan de sécurité périnatale qui accélérerait le recrutement des sages-femmes.
Ces informations ne constituent pas un avis médical. Les décisions relatives au suivi de grossesse relèvent d'une évaluation clinique individuelle ; les familles inquiètes sont invitées à contacter leur équipe NHS ou leur médecin traitant.
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