Modélisation du CDC : l'épidémie d'Ebola en Afrique centrale pourrait atteindre 20 000 cas sans contre-mesures fortes

Une nouvelle étude de modélisation menée par des scientifiques des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estime que l'épidémie d'Ebola actuellement en cours en Afrique centrale pourrait atteindre environ 20 000 cas en douze mois si elle n'est pas contenue. Selon STAT News, qui a obtenu le manuscrit, le scénario central est plus modeste : entre 5 000 et 7 500 cas.
Les auteurs alertent sur le risque que l'épidémie gagne des zones urbanisées le long de la frontière entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda. Ils identifient trois variables susceptibles de faire basculer le modèle vers son pire scénario : couverture vaccinale, capacités hospitalières et délais de surveillance.
Le modèle du CDC utilise un intervalle sériel de 28 jours pour la souche Bundibugyo d'Ebola et un nombre de reproduction de base compris entre 1,8 et 2,4. Ces valeurs sont proches de celles retenues pour la souche Zaire lors de l'épidémie ouest-africaine de 2014-15, qui s'était soldée par 28 000 cas et plus de 11 000 décès.
La première autrice, la Dre Maria Sundaram, a déclaré à STAT : "Ce n'est pas le pire des scénarios, c'est le scénario de l'inaction. Si le rythme de vaccination ne double pas dans les trois prochains mois, la courbe grimpe." Elle a précisé que le modèle, conçu comme un "tableau d'alerte précoce" pour les partenaires, sera mis à jour chaque semaine.
La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l'International AIDS Vaccine Initiative (IAVI) avaient débloqué 62 millions de dollars supplémentaires pour le vaccin expérimental Bundibugyo ; le plan de distribution dont STAT rendait compte la semaine dernière prévoit environ 90 000 doses à ce jour. Le modèle suggère qu'il faudrait au moins tripler ce volume pour une couverture efficace.
Le ministère américain de la Santé (HHS) a confirmé cette semaine que les Américains à haut risque exposés à Ebola au Kenya auront accès à la thérapie expérimentale MBP-134. Cette décision apporte une clarté politique importante aux organismes de santé américains qui continuent à déployer des citoyens sur des missions à haut risque.
Le Dr Yap Boum, d'Africa CDC, a confié à STAT : "Les vaccins sont essentiels, mais ils ne suffisent pas sans les infrastructures de base sur le terrain — équipes spéciales, transport et inhumations dignes." Il a aussi indiqué que le mécanisme de communication transfrontalière entre la RDC et l'Ouganda avait été renforcé.
Le plan de réponse d'Africa CDC à 518 millions de dollars, rédigé avec l'Organisation mondiale de la santé, vise le scénario le plus optimiste du modèle. Il vise à resserrer la coordination des bailleurs, à numériser la surveillance et à faire tourner les équipes cliniques par cycles hebdomadaires.
Les auteurs soulignent que si le virus s'installe en milieu urbain, même la borne basse du modèle pourrait être dépassée. Ils notent que les temps de doublement dans des agglomérations denses comme Kinshasa, Kampala ou Goma pourraient excéder les capacités diagnostiques actuelles.
Cet article relève du reportage général et ne constitue pas un avis médical. Toute personne évaluant son risque personnel face à Ebola doit consulter les recommandations de voyage de l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que son médecin et les centres de vaccination.
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