Le durvalumab pourrait épargner aux patients atteints d'un cancer de la vessie une opération radicale

Un nouveau traitement combiné incluant l'immunothérapie durvalumab apporterait une avancée notable dans la prise en charge des patients atteints d'un cancer de la vessie avancé. Selon The Guardian, les résultats d'un essai clinique de phase III conduit par l'Institute of Cancer Research, basé à Londres, ont nettement réduit le taux de récidive du cancer sans nécessiter l'ablation complète de la vessie.
Le cancer de la vessie est reconnu comme le neuvième cancer le plus fréquent au monde. Les cas avancés ou agressifs du type infiltrant la couche musculaire étaient jusqu'à présent traités par une intervention chirurgicale appelée 'cystectomie radicale'. Cette opération consiste à retirer complètement la vessie et oblige les patients à recourir à un dispositif médical permanent pour l'évacuation urinaire.
L'essai clinique a inclus 1 058 patients ; le bras expérimental a reçu une chimiothérapie associée au durvalumab, tandis que le bras témoin recevait la chimiothérapie seule. Après trois ans de suivi, le cancer n'est pas réapparu chez 64 % des patients du bras durvalumab ; dans le bras témoin, le chiffre était de 53 %.
Le chercheur principal de l'étude, le professeur Robert Huddart, est spécialiste de radiothérapie et d'oncologie à l'Institute of Cancer Research. Huddart a déclaré à The Guardian : 'Nous n'avons pas vu une avancée de cette ampleur dans le cancer de la vessie depuis des décennies ; cela peut faire une différence réelle sur la qualité de vie, l'intégrité corporelle et la santé mentale des patients.'
Le durvalumab est un inhibiteur de PD-L1 développé par AstraZeneca. Il bloque le mécanisme par lequel les cellules immunitaires échouent à reconnaître les cellules tumorales, ce qui permet au système immunitaire de combattre le cancer plus efficacement. Le médicament est déjà approuvé pour diverses indications en oncologie, notamment dans les cancers du poumon et les cancers des voies urinaires.
L'approbation du National Health Service (NHS) dépend de l'évaluation du National Institute for Health and Care Excellence (NICE), attendue en septembre 2026. Le traitement est actuellement accessible gratuitement dans le cadre d'essais cliniques en milieu hospitalier, mais une analyse coût-efficacité positive sera nécessaire pour une mise en œuvre élargie. AstraZeneca a déclaré être ouvert à proposer 'un package compétitif' sur le prix du médicament pour le NHS.
Sarah Quinlan, directrice d'Action Bladder Cancer UK, une organisation représentant les survivants du cancer de la vessie, a qualifié les résultats de l'essai d'extrêmement 'encourageants'. Quinlan a déclaré que 'la cystectomie transforme fondamentalement la vie quotidienne des patients ; disposer d'un traitement alternatif sur la table pourrait influencer les décisions futures de milliers de familles'.
Les effets indésirables potentiels de l'étude ont également été partagés. Les effets secondaires de la combinaison durvalumab comprennent des réactions auto-immunes, une fatigue, des éruptions cutanées et, dans de rares cas, une pneumopathie. Onze pour cent des patients de l'essai ont dû interrompre leur traitement. Ce chiffre est légèrement supérieur à celui attendu pour une immunothérapie, mais n'a pas dépassé les seuils d'autorisation.
Le professeur Charles Swanton, de l'Institut du cancer de l'University College London, a déclaré à The Guardian que l'étude 'confirme que l'immunothérapie est nettement plus efficace lorsqu'elle est utilisée en combinaison plutôt que seule'. Swanton a ajouté que l'approche méritait d'être testée dans les tumeurs solides au-delà de la vessie.
À la suite des travaux sur la combinaison durvalumab, l'équipe de l'Institute of Cancer Research prévoit désormais une nouvelle étude de phase II destinée à mesurer l'efficacité de dosages individualisés chez les patients présentant une charge mutationnelle tumorale élevée. Le financement nécessaire au démarrage est encore en cours d'examen. Cet article ne constitue pas un conseil médical ; les patients atteints d'un cancer de la vessie doivent discuter de leurs options de traitement avec leur propre oncologue.
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