Deux heures de musculation par semaine peuvent-elles réduire le risque de mortalité précoce ?

Une nouvelle étude de synthèse rapportée par la BBC indique que les adultes pratiquant environ deux heures de musculation par semaine réduisent leur risque de mortalité précoce de manière mesurable par rapport à ceux qui n'en font aucune. Les résultats suggèrent qu'en complément des activités cardiovasculaires telles que la course à pied ou le vélo, l'activité de résistance a également un impact significatif à long terme sur les indicateurs de santé.
L'étude réunit les données de 16 enquêtes de cohorte menées au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Japon depuis septembre 2024. Plus de 1,2 million d'adultes ont été analysés. L'auteur principal, le Dr Haruki Momma, chercheur en épidémiologie de santé publique à l'université de Tohoku, a déclaré à la BBC : 'nous avons observé l'effet protecteur de la musculation dans pratiquement tous les groupes d'âge'.
L'étude indique que les personnes pratiquant entre 30 et 60 minutes de musculation par semaine présentaient une baisse du risque de mortalité de 10 à 17 % par rapport à celles qui n'en faisaient pas. Lorsque le volume hebdomadaire est porté entre 60 et 130 minutes, la baisse atteint 20 à 25 %. Au-delà de 130 minutes, le bénéfice semble plafonner, l'augmentation de la durée n'apportant pas d'avantage supplémentaire.
L'impact sur la prévention cardiovasculaire est particulièrement notable. L'étude relève une baisse de 17 % du risque de mortalité par maladie cardiaque et circulatoire parmi les pratiquants réguliers. Chez les adultes atteints de diabète de type 2, les personnes ayant pratiqué un travail de résistance présentaient une baisse nette du risque de complications liées au diabète.
La conseillère scientifique principale de la British Heart Foundation, le Dr Sonya Babu-Narayan, a déclaré à la BBC que les résultats 'suggèrent que les recommandations de santé publique devraient porter non seulement sur l'aérobic mais aussi sur le travail de force'. Elle a ajouté que les programmes à domicile pouvaient également entrer dans ce cadre.
La musculation ne signifie pas, contrairement à une idée répandue, seulement soulever des poids en salle. Les notes méthodologiques de l'étude indiquent que les participants utilisant des bandes de résistance, pratiquant des exercices au poids du corps comme les planches et les pompes, ou faisant du Pilates étaient également inclus dans la catégorie 'musculation'. Cette diversité renforce l'applicabilité des résultats à une population large.
Le processus de perte musculaire liée à l'âge, dit sarcopénie, est un thème central de l'étude. Après 50 ans, la masse musculaire diminue en moyenne de 1 à 2 % par an, contribuant aux chutes et à une perte plus générale de mobilité. L'entraînement en résistance a une importance clinique pour ralentir ce déclin.
Les limites de l'étude ont également été soulignées. La recherche est observationnelle, et les participants étaient évalués selon une durée d'exercice auto-déclarée, ce qui comporte un risque de biais de déclaration. Les données provenaient en majorité d'une population blanche, et les auteurs ont insisté sur la nécessité de confirmer les résultats dans d'autres groupes ethniques.
La professeure Charlotte Edwardson, membre du comité d'orientation des recommandations d'exercice du NHS, a déclaré que l'étude était importante pour la politique de santé publique : 'Seulement 28 % des adultes au Royaume-Uni respectent actuellement les recommandations existantes en matière de musculation. Augmenter ce chiffre pourrait avoir un impact mesurable sur la mortalité à long terme.' Cette remarque sera prise en compte dans la prochaine révision du National Institute for Health and Care Excellence.
Les spécialistes indiquent que les adultes débutant la musculation devraient commencer par des poids légers et progresser par des séances de 20 à 30 minutes réparties sur trois jours par semaine. La recommandation générale est de pratiquer des exercices de résistance ciblant les grands groupes musculaires. Cet article ne constitue pas un conseil médical ; les personnes présentant des conditions de santé particulières doivent consulter leur médecin.
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