Épidémie d'Ebola : les cas bondissent de 40 % en une semaine en RDC et en Ouganda, le bilan dépasse 200 morts

L'épidémie d'Ebola qui progresse dans le nord de la République démocratique du Congo et dans l'ouest de l'Ouganda s'est nettement accélérée la semaine dernière. Selon la mise à jour de l'Organisation mondiale de la santé du 18 juin, le nombre de cas confirmés est passé d'environ 300 la semaine précédente à plus de 420, soit un bond d'environ 40 %, l'un des plus marqués depuis la déclaration de l'épidémie.
Le bilan officiel s'établit à 207 morts. L'OMS prévient toutefois que le chiffre réel est probablement plus élevé « en raison de cas non signalés ». L'agence répète que l'épidémie transfrontalière en cours pourrait être la plus importante depuis celle qui a frappé l'Afrique de l'Ouest en 2014-2016.
Les principaux foyers se concentrent autour de Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, et de nouveaux cas liés au passage de frontière apparaissent dans les districts ougandais de Kasese et Bundibugyo. Les équipes de terrain citées par STAT News indiquent que le suivi des contacts s'effondre dans les zones où des groupes armés sont actifs.
Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont annoncé en début de semaine le déblocage de 107 millions de dollars en fonds d'urgence. L'essentiel servira à rémunérer les équipes de traçage en RDC, à réapprovisionner les laboratoires et à renforcer les postes de dépistage à la frontière ougandaise.
La question des stocks de vaccins revient au premier plan. Le mécanisme international coordonné par l'OMS indique disposer d'environ 380 000 doses, un volume contraint par la chaîne du froid et le calendrier de production. Les équipes de terrain affirment avoir pu, jusqu'ici, maintenir le rythme quotidien nécessaire à la « vaccination en anneau » autour des chaînes de contact confirmées.
La protection du personnel soignant est une deuxième priorité. Selon STAT News, des centres de traitement à Beni fonctionnent en gardes de 24 heures faute de relèves. Un syndicat régional du secteur estime que la charge de patients par infirmière formée est presque deux fois supérieure à celle de l'épidémie précédente.
Les experts continuent de souligner que le risque de diffusion mondiale reste faible. Ebola ne se transmet que par contact avec les fluides corporels, et non par voie aérienne ; il diffère en cela d'épidémies comme la COVID-19 ou la grippe. Les protocoles de dépistage dans les aéroports internationaux ont néanmoins été activés à titre d'exercice.
La famine et les déplacements de population de l'an dernier avaient déjà fragilisé les infrastructures sanitaires de la région. Le directeur régional de l'OMS a déclaré cette semaine qu'« Ebola n'est pas une maladie isolée : il s'ajoute à une crise plus large ».
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, de retour la semaine dernière d'une visite en RDC, a estimé que les conflits armés dans la zone touchée étaient « un obstacle plus grand qu'Ebola lui-même ». Le transport des échantillons est retardé de plusieurs jours quand des axes routiers sont sous contrôle armé.
Les équipes techniques de l'OMS considèrent les dix prochains jours comme la fenêtre critique pour infléchir la courbe. Les modélisations des CDC suggèrent que, au rythme actuel de la riposte, le total cumulé pourrait culminer entre 5 000 et 8 000 cas en quatre mois ; des scénarios de vaccination et de traçage plus agressifs ramèneraient ce chiffre nettement à la baisse.
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