Athènes contre Sparte : qui l'a emporté dans la plus grande rivalité de la Grèce antique ?

À propos de l'histoire de la Grèce antique, la rivalité entre Athènes et Sparte est le contraste le plus installé des manuels. Une analyse de HistoryExtra avance qu'aucun étalon ne suffit à désigner le véritable vainqueur — il en faut quatre.
Le premier axe est militaire. Sur cet axe, Sparte est nettement en tête. La guerre du Péloponnèse de 431 à 404 av. J.-C. a duré 27 ans, et la coalition dirigée par Sparte a brisé Athènes économiquement et militairement. La flotte athénienne a été anéantie à Aigos Potamos en 405.
Le deuxième axe est l'héritage politique. L'écart joue ici dans l'autre sens. La démocratie directe développée à Athènes a été institutionnalisée par les réformes de Solon puis de Clisthène ; ce gabarit institutionnel reste la plus ancienne référence pour les démocraties représentatives modernes.
Le troisième axe est la production culturelle. Sophocle, Aristophane, Socrate, Platon et Aristote sont issus de la même cité. Sparte s'est délibérément retirée sur cet axe : en dehors de l'entraînement militaire et d'une tradition poétique étroite, elle n'a pas laissé d'héritage durable en littérature ou en philosophie.
Le quatrième axe est la longévité institutionnelle. Sur cet axe, ni Athènes ni Sparte ne constituent une success-story. La démocratie athénienne tombe en 322 av. J.-C. sous Antipater ; la société spartiate des Égaux s'effondre au IVe siècle pour des raisons internes.
Les historiens cités par HistoryExtra reformulent la question du vainqueur en fonction de l'étalon. À l'aune militaire, Sparte ; à l'aune politique, Athènes ; à l'aune culturelle, sans conteste Athènes ; à l'aune géopolitique, les deux ont perdu.
Le redressement d'Athènes après sa défaite dans la guerre du Péloponnèse a été frappant. En quarante ans, la cité a reconstruit sa flotte et préservé son académie et son théâtre. Après la défaite de Sparte, il n'y a pas eu de rétablissement ; la bataille de Leuctres en 371 av. J.-C. a scellé la perte de son prestige militaire.
L'empreinte durable d'Athènes n'est pas que la démocratie. L'Acropole de la cité, son ambition d'urbanisme et la forme de vie publique construite autour de l'agora ont fourni à Rome comme à la Florence de la Renaissance plusieurs modèles de fabrique de la ville.
La trace de Sparte suit un autre canal. Toute une série de discours éducatifs, militaires et nationalistes modernes a fait de la discipline spartiate une référence. Cet écho long ne prouve pas que les conséquences culturelles d'une victoire militaire dépassent celles de la défaite — mais il n'établit pas non plus l'inverse.
L'histoire d'Athènes et de Sparte reste donc une question plutôt qu'une réponse. La leçon de l'histoire ancienne est que les réussites des deux cités ne tiennent pas sur une seule échelle ; l'historien doit choisir le questionneur qu'il interroge.
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