Histoire

À l'intérieur du site U.S. Radium Corporation, à l'origine de l'affaire des Radium Girls

Atlas Obscurail y a 2 h
Une plaque délavée sur un vieux mur de brique
Une plaque délavée sur un vieux mur de briquePhoto: Snapwire / Pexels

Dans une rue tranquille de la ville d'Orange, dans le New Jersey, se dressait jadis l'usine devenue le théâtre d'un drame qui allait remodeler le droit de la santé au travail dans le monde entier. Atlas Obscura présente l'ancien site de U.S. Radium Corporation comme un lieu signalé uniquement par une petite plaque, mais riche en strates historiques.

L'usine, ouverte en 1917, produisait des peintures luminescentes à base de radium, l'une des innovations notables de l'époque. Des ouvrières peintres de cadran étaient embauchées pour appliquer cette peinture à de tout petits pinceaux sur des cadrans de montres militaires et civils. Pour garder leurs traits précis, elles humectaient la pointe de leur pinceau avec leurs lèvres.

On assurait aux ouvrières que le travail était sans danger ; la connaissance scientifique selon laquelle le radium était un élément radioactif mortel était niée par la direction de production. Selon Atlas Obscura, à partir du milieu des années 1920, de graves problèmes de santé, comme la nécrose de la mâchoire, l'anémie et les sarcomes, ont commencé à se répandre parmi les ouvrières.

Ce groupe d'ouvrières, entré dans l'histoire sous le nom de Radium Girls, a porté l'affaire en justice. Le procès de 1928, mené par Grace Fryer, a été un tournant pour son époque : il a établi un précédent selon lequel un employeur peut être tenu responsable du préjudice causé à ses salariés par l'exposition sur le lieu de travail. L'indemnité monétaire est restée symbolique, mais le principe juridique a perduré.

L'affaire est considérée comme l'un des points de départ des réformes américaines de sécurité au travail. Selon Atlas Obscura, les processus juridiques et politiques qui mèneraient plus tard à la création de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) sont directement liés à la voie ouverte par les Radium Girls.

L'usine a fermé en 1926, mais des résidus radioactifs sont restés sur le terrain pendant des décennies. Dans les années 1980, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a placé le site sur la liste des sites Superfund. La dépollution des sols et des nappes a été largement achevée dans les années 2000.

Aujourd'hui, ni l'usine ni les bâtiments d'origine n'ont laissé de trace sur le site. Atlas Obscura note qu'une simple plaque signale aux visiteurs que « c'est ici que les Radium Girls ont travaillé et lutté ». Les historiens soulignent que ce repère discret continue de rappeler l'origine du cadre de sécurité au travail américain du XXIe siècle.

L'histoire a des résonances internationales. Après la Seconde Guerre mondiale, la régulation de la santé au travail au Canada, au Royaume-Uni et en Europe s'est construite à partir de tragédies similaires. Les mines d'uranium de Saxe, l'exploitation du minerai de radium en Belgique et les dégâts sanitaires sur des sites soviétiques peuvent se lire comme une même trajectoire historique.

Sur le plan de la mémoire culturelle, les Radium Girls ont été maintenues vivantes par des récits documentaires et fictionnels. Le livre de Kate Moore « The Radium Girls » (2017) est l'une des relectures post-académiques les plus connues, et l'histoire a aussi été adaptée au théâtre et en comédie musicale.

Atlas Obscura indique aux visiteurs que ce lieu est « moins à voir qu'à comprendre ». Car même si seule une petite plaque est visible, sous cette rue repose l'une des pierres fondatrices du droit moderne du travail.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Atlas Obscura. L'image est une photo d'archive de Snapwire sur Pexels.

À lire ensuite