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Le Royaume-Uni va scanner le visage des demandeurs d'asile pour estimer leur âge, malgré des défauts connus de la technologie

Ars Technicail y a 1 j
Gros plan sur l'objectif d'une caméra de surveillance dans un couloir vide, sous lumière neutre.
Gros plan sur l'objectif d'une caméra de surveillance dans un couloir vide, sous lumière neutre.Photo: Atypeek Dgn / Pexels

Le ministère britannique de l'Intérieur déploiera d'ici la fin de l'année un système d'estimation faciale de l'âge fondé sur l'IA, destiné aux demandeurs d'asile. Les rapports internes de pilote obtenus par Ars Technica via des demandes d'accès à l'information montrent que la technologie ne respecte pas les standards de base d'exactitude.

Le système utilise un réseau de neurones pour estimer l'âge à partir des caractéristiques faciales — géométrie du visage, texture de la peau, proportions osseuses. Parmi les demandeurs d'asile sans document d'identité valide — acte de naissance ou passeport — la procédure existante impose une évaluation des services sociaux, une analyse biosociale détaillée par des travailleurs sociaux qualifiés, d'une durée moyenne de six semaines. La nouvelle technologie prétend rendre un verdict en quelques secondes.

La précision est en cause. Les pilotes de trois systèmes de fournisseurs indépendants contractés par le ministère ont produit des taux de mauvaise classification de 22 à 31 % sur un échantillon de personnes âgées de 16 à 19 ans. Plus préoccupant, les erreurs ne sont pas symétriques : les systèmes ont plus tendance à classer des mineurs comme adultes que l'inverse, ce qui est la direction qui prive les concernés de leurs droits à la protection de l'enfance.

Pour les demandeurs d'asile mineurs, les conséquences sont majeures. Une personne classée enfant est hébergée dans une structure d'accueil protégée pour enfants, accède aux services éducatifs et ne peut pas être placée en détention pour adultes. La mauvaise classification comme adulte risque d'envoyer des enfants dans des centres de détention pour adultes — un placement par ailleurs interdit par la législation britannique.

Cathryn Costello, universitaire spécialiste des droits des réfugiés à l'Université de Liverpool, a déclaré à Ars Technica : « Le ministère a contracté trois fournisseurs et n'a publié les seuils d'exactitude internes d'aucun d'entre eux. Cela vous indique que la légitimité scientifique de base du système n'existe pas. L'histoire socio-biographique d'une personne dont l'âge est par ailleurs inconnu porte plus d'information que l'algorithme. »

La Cour européenne des droits de l'homme, dans son arrêt de 2019 contre un système néerlandais d'estimation faciale de l'âge, a jugé que l'usage de tels systèmes sans communication suffisante avec le demandeur violait les droits de la personne. Le Royaume-Uni a quitté l'UE en 2020, donc cet arrêt n'est pas directement contraignant, mais les mêmes principes sont préservés dans la Human Rights Act britannique.

L'argument d'urgence du ministère : 25 000 à 30 000 cas annuels de « contestation d'âge », à un coût moyen d'évaluation sociale de 13 000 livres par cas, soit une charge totale annuelle de 350 à 400 millions de livres. Le système IA réduit le coût par cas à environ 35 livres. Le calcul d'économies est réel ; les scientifiques arguent que ces économies se paient au prix des droits à la protection de l'enfance.

L'Allemagne a retiré un système comparable en 2024 après des essais pilotes. L'Office fédéral de la migration et des réfugiés a constaté que le système classait à tort les demandeurs d'origine subsaharienne avec une fréquence trois fois plus élevée que ceux d'origine européenne. L'Allemagne n'a pas retiré entièrement l'estimation d'âge par IA des essais, mais est revenue à des méthodes biomédicales — radiographies dentaires, IRM du poignet — qui sont elles aussi imparfaites, avec un taux d'erreur de 8 à 12 %.

Le Refugee Council, organisation britannique de protection de l'enfance, a déclaré : « Si les chiffres du rapport Ars Technica sont exacts, le système risque d'envoyer chaque année des milliers d'enfants en détention pour adultes. Cela constitue un non-respect des obligations du Royaume-Uni au titre de la Convention de 1989 des Nations unies relative aux droits de l'enfant. » L'organisation prépare des recours judiciaires.

La question plus large de politique technologique est plus profonde. Est-il défendable de déployer un système d'IA d'exactitude limitée connue pour des décisions dont les conséquences ne sont pas récupérables — étant donné que le temps qu'un enfant passe en détention pour adultes ne peut pas être annulé ? Le UK Centre for Data Ethics and Innovation, dans son rapport 2025, recommandait que, dans les contextes à enjeux élevés, l'IA soit positionnée comme outil d'aide à la décision et non comme décideur — position que l'annonce du ministère n'accommode pas encore clairement.

Le ministère affirme que le système fonctionnera comme « tri de première étape, pas décision finale » — mais l'annonce reste vague sur les déclencheurs de la revue humaine, sur le seuil de confiance IA considéré sûr, et sur la voie de recours contre une évaluation IA. Les appels à un contrôle parlementaire avant le lancement de fin d'année se multiplient.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Ars Technica. L'image est une photo d'archive de Atypeek Dgn sur Pexels.

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