Déserts de défibrillateurs : pourquoi des millions de personnes en Angleterre et au pays de Galles vivent trop loin d'un appareil vital

Lorsque le cœur de quelqu'un s'arrête soudainement de battre efficacement, le facteur le plus déterminant pour sa survie n'est pas l'hôpital où il finira par être transporté. C'est ce qui se passe dans les toutes premières minutes, avant qu'une ambulance ne puisse raisonnablement arriver. Une nouvelle étude de la campagne Heart Restart chiffre de manière frappante combien de personnes en Angleterre et au pays de Galles sont mal placées pour ces minutes cruciales : plus de 16 millions vivent à plus d'1 km aller-retour d'un défibrillateur accessible à toute heure du jour ou de la nuit.
Un arrêt cardiaque est différent d'une crise cardiaque, bien que les deux soient souvent confondus. Lors d'un arrêt cardiaque, le système électrique du cœur dysfonctionne et cesse de pomper efficacement le sang, provoquant l'effondrement et la perte de conscience de la personne en quelques secondes. Sans intervention, les chances de survie chutent d'environ dix pour cent à chaque minute qui passe. Un défibrillateur externe automatisé, un appareil conçu pour être utilisé en toute sécurité par des passants non formés, peut délivrer un choc qui rétablit un rythme cardiaque normal.
L'analyse de Heart Restart, qui a croisé la localisation des défibrillateurs accessibles au public avec les données démographiques, a montré que le problème est plus vaste que ne le suggère le seul chiffre de 16 millions. En Angleterre et au pays de Galles, environ 35 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ne vivent pas dans le rayon de marche rapide de trois à cinq minutes recommandé comme limite pour qu'un défibrillateur soit utile en cas d'urgence. Parmi ce groupe, environ la moitié vit à plus d'1 km aller-retour d'un appareil accessible en permanence.
Cette distinction, entre un défibrillateur quelconque et un appareil accessible 24 heures sur 24, compte énormément. De nombreux défibrillateurs publics sont installés à l'intérieur de bâtiments verrouillés, comme des écoles, des salles de sport ou des bureaux, et ne sont accessibles que pendant les heures d'ouverture. Un appareil installé dans le hall d'un lieu de travail est de peu d'utilité pour quelqu'un qui s'effondre dans le même quartier à 23 heures. Les militants affirment que cartographier et faire connaître les appareils réellement toujours accessibles est aussi important que d'en installer de nouveaux.
L'ampleur du problème sous-jacent est considérable. Plus de 40 000 arrêts cardiaques hors hôpital surviennent chaque année au Royaume-Uni, selon les chiffres cités dans l'étude, et moins d'une personne sur dix qui en subit un en dehors d'un hôpital survit. Ce taux de survie, aussi faible soit-il, augmente sensiblement lorsque des témoins commencent la réanimation cardio-pulmonaire et utilisent un défibrillateur avant l'arrivée des secours, une séquence d'actions souvent désignée sous le nom de « chaîne de survie ».
Les programmes de défibrillateurs publics se sont considérablement développés au cours des deux dernières décennies, souvent financés par un patchwork de collectes de fonds caritatives, de subventions des conseils locaux et d'initiatives de groupes communautaires plutôt que par un programme national unique et coordonné. Ce modèle de financement a produit une couverture dense dans certaines zones et des lacunes quasi totales dans d'autres, souvent corrélées à la richesse ou à la capacité organisationnelle de la communauté locale plutôt qu'au besoin médical sous-jacent.
Les zones rurales sont confrontées à une version distincte du problème. Même là où un défibrillateur existe, les délais d'intervention des ambulances dans les régions peu peuplées peuvent être nettement plus longs que dans les villes, ce qui rend la présence d'un appareil proche et accessible en permanence encore plus critique. Les militants ont plaidé pour des registres permettant aux répartiteurs d'ambulances de diriger en temps réel les appelants du 999 vers le défibrillateur disponible le plus proche, un système déjà utilisé dans certaines régions du Royaume-Uni mais pas de manière universelle.
La sensibilisation du public à l'utilisation d'un défibrillateur reste un autre obstacle, distinct de la géographie. Les appareils sont conçus avec des instructions vocales et une délivrance automatisée du choc précisément pour que des membres du public non formés puissent les utiliser en toute sécurité, mais les données d'enquête citées par les associations cardiaques ont montré à plusieurs reprises que de nombreuses personnes ignorent l'existence d'un défibrillateur à proximité, ou hésitent à s'en approcher et à l'utiliser en cas d'urgence.
Combler l'écart identifié par l'étude nécessiterait probablement à la fois de nouvelles installations dans les zones mal desservies et une évolution vers un accès permanent aux appareils existants, plutôt que leur verrouillage en dehors des heures d'ouverture. Certains organismes de santé locaux ont commencé à expérimenter des armoires extérieures et résistantes aux intempéries, permettant un accès permanent même lorsque le bâtiment derrière elles est fermé.
Pour les millions de personnes que l'étude identifie comme vivant dans un désert de défibrillateurs, cet écart n'est pas une statistique abstraite mais une mesure de leur éloignement, au pire moment de leur vie, de l'intervention la plus susceptible de la sauver. Les militants affirment que combler cet écart relève moins d'une nouvelle technologie extraordinaire que de veiller à ce que la technologie déjà existante soit installée, et maintenue accessible, là où elle est le plus nécessaire.
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