Santé

Le médicament anticancéreux pulmonaire sigvotatug védotine de Pfizer échoue dans un essai très surveillé

STAT Newsil y a 2 h
Pipettes et flacons dans un laboratoire de recherche pharmaceutique
Pipettes et flacons dans un laboratoire de recherche pharmaceutiquePhoto: Ivan S / Pexels

Pfizer a publié lundi les résultats de phase 3 de son conjugué anticorps-médicament (ADC) sigvotatug védotine pour le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC). Le groupe a indiqué que l'essai n'avait pas atteint son critère principal de survie, un revers majeur pour l'une des lectures les plus surveillées du secteur oncologique ces derniers mois.

L'essai opposait sigvotatug védotine à la chimiothérapie standard chez des patients atteints de NSCLC avancé déjà traités par immunothérapie et chimiothérapie à base de platine. Les analystes interrogés par STAT News s'attendaient à des signaux positifs à la fois sur la survie globale et sans progression, mais les données n'ont pas atteint le seuil de signification statistique.

Les ADC associent un anticorps qui reconnaît une cible précise à la surface d'une cellule cancéreuse à une charge utile de chimiothérapie puissante. Sigvotatug védotine cible B7-H4, une protéine fréquemment exprimée dans les cancers du poumon. Pfizer développe sa plateforme ADC depuis son rachat de Seagen pour 43 milliards de dollars ; cet actif faisait partie des attentes phares de cette opération.

Le directeur de l'oncologie de Pfizer a déclaré dans un communiqué que «les résultats sont inférieurs à nos attentes ; nous évaluons l'ensemble du jeu de données et examinons les sous-groupes en détail». Le groupe précise qu'il discutera de la voie réglementaire avec la Food and Drug Administration américaine une fois les analyses complémentaires achevées.

La réaction de Wall Street a été vive : l'action Pfizer a reculé de près de 4 % lundi. Les investisseurs comptaient sur sigvotatug védotine pour bâtir un pont de revenus après la perte d'exclusivité de Keytruda. Des candidats ADC similaires de Bristol-Myers Squibb et Daiichi Sankyo sont également surveillés de près.

Le cancer du poumon non à petites cellules est la principale cause de décès par cancer dans le monde. En Turquie, environ 40 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année, la grande majorité de type NSCLC. Beaucoup de patients étant diagnostiqués à un stade avancé, les options de deuxième et troisième ligne sont essentielles.

Le docteur Charles Rudin, oncologue au Memorial Sloan Kettering, a déclaré à STAT News que «le concept d'un ADC dirigé contre B7-H4 était prometteur, mais la complexité du microenvironnement pulmonaire en fait le terrain le plus difficile pour la classe des ADC». Rudin ajoute qu'une fois les données de sous-groupes publiées, un rôle pourrait encore se dégager chez certains patients porteurs de mutations particulières.

La classe des ADC a remporté d'importantes victoires ces cinq dernières années dans les cancers du sein, de la vessie et de l'estomac. Enhertu, issu du partenariat AstraZeneca-Daiichi, a considérablement prolongé la survie dans les tumeurs HER2 positives. Mais son bilan dans le cancer du poumon est mitigé : des candidats de Merck et Gilead ont subi des revers comparables l'an dernier.

Pfizer indique qu'une autre lecture de phase 3 pour sigvotatug védotine est prévue fin 2026 et que le programme de développement se poursuivra. Le groupe mène aussi des études en combinaison dans les cancers gynécologiques.

La FDA a accordé sa dernière autorisation pour un ADC dans le NSCLC à datopotamab déruxtécan d'AstraZeneca-Daiichi l'an dernier, mais le libellé a été restreint à un sous-groupe étroit. Le résultat de Pfizer ce jour confirme que la porte du cancer du poumon reste difficile à ouvrir pour cette classe.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur STAT News. L'image est une photo d'archive de Ivan S sur Pexels.

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