Cancer de la prostate : la radiothérapie passera de 20 à cinq séances

Le NHS anglais a annoncé qu'il faisait passer le traitement du cancer de la prostate localisé d'un schéma de radiothérapie de 20 séances à un schéma de haute précision en cinq séances. Selon la BBC, la nouvelle approche, connue sous le nom de radiothérapie corporelle stéréotaxique (SBRT), ramène le traitement à une semaine et demie tout en préservant son efficacité clinique.
La SBRT est une technique d'irradiation à modulation d'intensité guidée par scanner, qui cible la tumeur au millimètre près. La radiothérapie conventionnelle fractionne la dose en de nombreuses petites séances quotidiennes ; la SBRT délivre des doses plus élevées par séance sans endommager les tissus voisins, et raccourcit donc la durée totale.
NHS England indique que le nouveau schéma concernera environ 10 000 hommes par an. Faire passer les venues à l'hôpital de 20 à cinq réduit nettement la charge de déplacement et l'absentéisme professionnel. L'aval du National Institute for Health and Care Excellence (NICE) a accéléré le déploiement.
Les données cliniques viennent de l'essai multicentrique PACE-B, qui a montré que la SBRT en cinq séances était non inférieure à la radiothérapie conventionnelle en 20 séances sur le contrôle à long terme dans les cancers de la prostate à risque faible et intermédiaire. Les profils d'effets secondaires sont apparus globalement comparables.
Les spécialistes en urologie et en oncologie présentent ce schéma court comme un gain pour la qualité de vie. Le Pr Nick Van As, oncologue consultant au Royal Marsden Hospital, a déclaré à la BBC que la version condensée représente « un avantage considérable pour les patients qui doivent concilier travail et famille ».
Le calcul économique tient aussi. Les planificateurs du NHS estiment qu'un nombre réduit de séances libère de la capacité d'accélérateur linéaire (linac), qui peut être réallouée à d'autres patients. Ce gain sert de levier pour faire baisser les listes d'attente.
Le protocole ne conviendra pas à tous les patients. Les recommandations du NHS précisent que les tumeurs localement avancées à haut risque, ou les cas nécessitant un traitement ganglionnaire pelvien, continueront de relever d'un fractionnement standard. La sélection des patients est faite par des équipes multidisciplinaires.
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes au Royaume-Uni, avec environ 52 000 nouveaux cas par an. Les chiffres du NHS cités par la BBC indiquent qu'une part importante est détectée à un stade précoce ; la radiothérapie reste, avec la chirurgie, l'une des options de première intention.
À l'international, l'Australie, le Canada et les pays scandinaves avaient déjà standardisé des schémas courts de SBRT au cours des dernières années. L'Angleterre devient l'un des premiers grands systèmes de santé européens à généraliser cette approche au niveau systémique.
NHS England a précisé que le déploiement se fera par étapes dans les centres d'oncologie du pays et que les programmes de formation des cliniciens ont déjà commencé. Les associations de patients attendent une révision des recommandations dans les semaines à venir. Ceci ne constitue pas un avis médical ; consultez votre médecin pour toute décision thérapeutique.
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